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Etienne « Akroe » Bardelli
Graphic Designer, Studio, Strasbourg Saint Denis, Paris
Workplaces > Etienne « Akroe » Bard…

Etienne Bardelli s’est fait connaître sous le nom d’AKROE, tout d’abord par ses graffitis puis par ses pochettes de disques qui lui ont assuré un certain succès dans les années 2000. Né dans une petite ville du Jura, au milieu des ruines industrielles,il s’installe à Paris à ses 19 ans dans le quartier de Strasbourg Saint Denis où il habite encore aujourd’hui.

Il n’est pas de ces graffeurs-graphistes qui cherchent par tout les moyens de s’exposer en galerie : l’illustration l’intéresse peu, il lui préfère des installations lourdes, si possible monumentales, qui emprunte d’une façon quasi-obsessionnelle à l’esthétique industrielle.

Commissionné lors de la dernière Nuit Blanche à Metz et par son centre Georges Pompidou, Etienne Akroe Bardelli s’est tracé un parcours étonnant depuis ses peintures sur les friches industrielles jurassiennes jusqu’aux portes des musées d’art contemporain. Rencontre.

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D’où viens-tu ?
Je vis et travaille à Paris aujourd’hui, mais ça n’a pas tant d’importance. Par contre la région où j’ai grandi, le Jura, a plus d’intérêt pour mon travail actuel et reste encore une source d’inspiration. Le Jura est une région montagneuse, un peu reculée à l’Est de la France, à la frontière avec la Suisse. Dans les années 1990, les usines laissées à l’abandon étaient un formidable terrain de jeu pour le taggeur que j’étais. J’y ai donc passé beaucoup de temps et d’une certaine manière je me suis approprié ces lieux. Et en plus d’y avoir développé un certain sens visuel et un sens de l’espace, je pense m’être fabriqué un univers personnel fortement inspiré du design et de l’architecture industriels, probablement accompagné d’un romantisme qu’on pourrait associer aux ruines, même si c’est un cliché, et aussi d’un certain cynisme face à l’utopie avortée du système industriel en général.

Tu vis à Paris depuis 1999, quel rapport entretiens-tu avec cette ville ?

Je suis venu ici pour travailler et j’ai toujours vu Paris comme un lieu de rencontre idéal, le point de ralliement d’une faune particulière. C’est ce qui a toujours défini Paris pour moi. J’ai mes repères et mon quartier de prédilection, Strasbourg Saint Denis, mais je ne suis pas si sensible à la ville en elle- même, à sa beauté, bien qu’elle soit le témoin majeur de la richesse culturelle française. Et même lorsque j’ai du temps libre pour me promener, impossible pour moi d’apprivoiser la ville. J’ai toujours le sentiment d’être de passage. Même si j’adore la France, ou même le Jura, je n’ai pas le besoin d’appartenance à un lieu précis, je ne me suis jamais senti Parisien par exemple, ça n’a pas réellement d’importance pour moi. 

Quelles étaient tes ambitions après tes études de graphisme?

Faire ce qui me plaisait. Des pochettes de disque principalement, et des identités visuelles dans des domaines liés à la musique ou à la culture de ma génération. Je n’avais pas vraiment une idée précise, mais il me paraissait évident que ces projets seraient compromis si je restais dans ma région. Pour la peinture, c’était un à-côté. Comme c’était illégal, je ne m’étais jamais vraiment projeté dans cette voie. J’ai mis un certain temps à réaliser l’importance que ça représentait pour moi.

Tu t’es fait connaître avec ton travail dans le business musical qu’en est-il aujourd’hui ?

J’ai réalisé mes premières pochettes à une époque où le mythe de l’artiste passait par le support physique, le CD et le vinyle. Selon l’aura des artistes, ces objets peuvent hériter d’une charge presque religieuse, ce qui participe énormément à la motivation et au soin qu’on apporte à ces formats. Aussi l’idée de raconter une histoire sur un volume était très excitante, ce n’est pas simplement une image dans un cadre. J’ai réalisé une centaine de pochettes en sept ans. Après avoir été directeur artistique de différents labels, j’ai fini par perdre ma motivation. Cela est sûrement venu du manque de perspectives qu’offrait ce milieu pour l’image à l’heure d’Internet. Mais j’ai aussi été démotivé par les mauvaises expériences accumulées. J’ai mis un coup de frein et j’ai bien fait car j’ai pu me consacrer à de nombreux autres projets et prendre un recul important sur mon travail. J’ai repris du service depuis quelques temps avec des groupes qui me sont proches, mais mon approche est assez différente aujourd’hui.

De la musique, tu es passé à la mode….?

Oui, ce sont des domaines assez liés, et c’est une évolution assez classique pour les directeurs artistiques. Ma collaboration principale était avec Sixpack, une marque multi-artistes. Nous avons commencé par de simples t-shirts pour finir avec des petites collections assez larges en passant par les lookbooks et visuels de campagne. L’intérêt de cette collaboration résidait dans ses enjeux ; ce n’était pas ceux d’une marque déjà installée, mais ceux d’une jeune marque qui devait se définir et s’affirmer, ce qui demandait évidemment une certaine singularité artistique et offrait également une grande liberté.

Récemment j’ai travaillé avec Nike sur une petite collection de tenues de snowboard et je continue d’envisager les projets de la même manière c’est à dire avec un univers artistique très personnel qui se déploie bien au delà du graphisme textile. 

Tu ne te limites pas au graphisme. Au vu de tes récents travaux on pourrait aussi te qualifier de plasticien, non ?

C’est vrai, le graphisme est un moyen d’expression idéal pour moi et c’est le dénominateur commun de l’ensemble de mes projets. L’avantage avec ma manière assez minimale de concevoir le graphisme est que je peux l’adapter à de nombreux supports. C’est une approche assez similaire de celle du design. Cette évolution dans mon travail s’est réalisée assez naturellement et s’est affirmée au fur et à mesure des expositions que l’on m’a proposé. J’ai toujours travaillé dans l’espace et sur des volumes, avec le souci de réinterpréter l’espace d’exposition et de répondre au contexte. Il est impossible pour moi de présenter de simples productions de graphisme, des affiches ou encore des pochettes de disque. Hormis quelques cas, je trouve les expositions de graphisme d’une grande faiblesse dans leurs propositions. Pour moi le graphisme trouve sa force dans une diffusion large et dans un contexte réel. L’isoler dans une galerie me paraît souvent sans intérêt.

En dehors de mes expositions, j’ai commencé à réaliser quelques projets personnels sans but précis comme cette série « Herla King » qui s’inspire de la polo Arlequin et surtout de ces « accidents de design » sur les voitures dont on change les pièces de carrosserie à la casse. Je vois cela comme une sorte d’humanisation de la production industrielle malgré elle. J’ai accumulé de nombreuses photos de ces voitures dépareillées et j’ai décidé de produire des accidents visuels sur la même voiture que possédait mon père quand j’étais enfant, une VW Jetta très rectangulaire, stricte et symétrique. J’ai d’autres projets, par exemple une série de peinture à la bombe sur des modèles vivants, un rapport très brutal et nocif entre la peau et la matière et très esthétisant aussi, accentué par un travail numérique exagérément plastique.

D’autres projets me poussent aussi à évoluer dans la voie d’une pratique purement personnelle, comme mes installations pour la Nuit Blanche de Metz en 2010 et cette année en 2011. Ce furent des challenges techniques d’une rare complexité et qui étaient véritablement en phase avec ma manière d’envisager le projet, c’est à dire d’intervenir dans un lieu atypique et d’y produire une œuvre en rapport direct avec le contexte. Ma dernière installation en date, « Summus Faber », est un mécanisme inspiré de l’imprimerie, fait de rouleaux de papiers qui s’entrecroisent pour former une tour mouvante dressée au centre d’une chapelle. Cette chapelle est à l’abandon depuis trente ans, une bibliothèque y avait été installée. L’installation fait référence à St Eloi, le Saint Patron des mécaniciens et des ouvriers de la métallurgie. Derrière cette référence mon intention était de représenter la sacralisation de l’industrie. 

L’industrie c’est une obsession chez toi?

L’industrie c’est le vecteur de la production, c’est une obsession chez l’homme en général. Et d’ailleurs je te remercie pour ton travail de qualité mais l’obstiné que je suis, doit malheureusement s’en retourner à sa production…

www.akroe.net

Video : Ilan Rosenblatt
Photographie : Arthur Delloye
Interview : FvF

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