Freunde von Freunden

Joseph Dirand
Architect, Apartment and Studio, Paris-9ème et 10ème Arrdt.
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« Je suis heureux, parce que c’est mon travail, c’est ma vie » Quand l’architecte parisien, Joseph Dirand, dit cette phrase avec un grand sourire, je le crois immédiatement. Il a beaucoup des raisons d’être heureux. Enfant, Joseph rêvait déjà de devenir un architecte. Le gamin d’alors a réalisé son rêve. Aujourd’hui il est un architecte très connu à Paris et dans le monde.Durant notre visite chez lui, Joseph nous révèle la poésie des matériaux naturels et nous parle de la beauté urbaine. Et il nous montre son appartement, le quartier où il habite.
L’interview offre une vue très intéressante du quotidien de cet architecte parisien de renom.

Freunde von Freunden — Joseph Dirand — Architect, Apartment and Studio, Paris-9ème et 10ème Arrdt. — https://www.freundevonfreunden.com/fr/interviews/joseph-dirand/

Parle nous un peu de ton environnement de travail.

J’ai fondé ce bureau il y a environ 15 ans. Nous avons commencé avec des petits projets, mais avec le temps nous avons gagné des projets de plus grandes envergures. Et aujourd’hui nous travaillons sur beaucoup de projets divers.
Un projet très important pour moi à l’époque était deux hôtels aux Mexique. Je n’avais jamais fait une chose pareille. C’était mon inititation au secteur de l’hôtellerie. Aujourd’hui j’ai une équipe de dix architectes. Nous travaillons tous ensemble, c’est une sorte de famille, installée dans ce bureau porte Saint Pierre. Et jenpus considère un peu comme un atelier d’artisans traditionnel français. On est un peu la nouvelle génération de vieux cordonniers parisiens.

Comment aborde tu un projet, par exemple l’hôtel au Mexique ? Explique-nous le processus.

La chose la plus importante est le contexte, surtout ou il est situé ? Dans quel pays ? Á la campagne où dans une ville ? Où peut-être à côté d’une tour ? Le concept doit être en rapport avec le contexte. Je ne ferais pas une construction française du 18ème siècle dans un tour à Shanghai.
De plus qu’ il y a aussi ta propre culture, qui agit sur ton travail et qui lui donne une personnalité. L’enjeu est de traduire ta culture en l’adaptant au contexte du projet.

Quelles sont les premières image qui te sont venues à l’esprit lorsque tu as commencer à travailler au Mexique ?

Pour moi, c’est la période du modernisme, Acapulco, le glamour. Je n’ai pas pensé à l’architecture traditionnelle mexicaine, surtout car le projet était urbain. Donc je suis allé là-bas pour me faire une première impression, pour apprendre à connaître les habitants de Monterrey; et je me suis posé la question de qu’est-ce que pouvait offrir cet hôtel aux habitants et aux voyageurs qui passent par Monterrey.
Il fait une chaleur extrême dans cette région, à tel point que les gens ne sortent pas de chez eux, et quand ils sortent, ils prennent toujours la voiture. Du coupt, ils ne peuvent pas profiter de la nature – et Monterrey a une nature impressionnante. Pour moi, l’enjeu le plus important était de construire un lieu qui permet à ces visiteurs de profiter de leur environnement naturel immédiat.

A part le contexte géographique/régional, qu’est-ce qui te donne de l’inspiration ?

Il y a quelque chose qui est assez récurrent dans mon travail, j’essaie de construire une sorte de storyboard, de construire une espèce de scénario qui correspond à chaque projet. Je commence par collecter des images, des trucs que je vois dans des films, des magazines, sur les lieux eux mêmes etc. Je mets toutes ces images à plat et l’histoire commence à se construire par elle-même.
Par exemple, l’hôtel aux Mexique – du fait qu’il soit situé dans un quartier d’ affaires, très urbain, avec des autoroutes qui remplacent les chemins etc. tout va vite, c’est bruyant, on a presque plus d’endroit pour se cacher. Mais à travers cette espèce d’ironie de la modernité, il y a une beauté larvée. Et elle est profondément illustrée par exemple avec le film Playtime de Jacques Tati.
C’est un film qui m’a beaucoup inspiré pour cet hôtel, malgré qu’il n’y ait pas vraiment de chose qui soit prises de ce film , mais l’idée qu’exprime ce film peut se ressentir dans l’hôtel.

As tu le souvenir du moment où tu as décidé de devenir architecte ?

J’ai le souvenir qu’enfant, j’ai été marqué par des artistes ou des oeuvres d’art, que ce soit le jardin de Versailles, l’architecture japonaise ou une sculpture de Joseph Beuys. Toutes ces choses ont provoqués chez moides émotions très fortes,et je voulais faire partie de ces créateurs, de ces artistes. C’est un peu comme une dépendance. Sauf que tu fais tes propres drogues.

Comment est-ce que tu choisis les matériaux que tu utilise ?

Je suis attiré par les matériaux naturels ou par des choses fait main. Si quelque chose vient de la nature, il y a une certaine poésie dedans, et on ne peut jamais contrôler les matériaux naturels ce qui rajoute un charme certain. Le marbre que j’utilise beaucoup par exemple, le marbre n’est jamais le même, du coup chaque pièce produite est garantie d’être unique. Je préfère des trucs produits par des petits designers aux choses qui viennent d’un grand label.

Alors, il est plus probable de te rencontrer dans un marché aux puces que dans un Vitra shop ?

Oui, sans doute.

Parlons un peu de Paris. Comment as-tu trouvé ton appartement et qu’est-ce que tu y as fait ?

Je suis tombé dans cet appartement, qui est à la frontière de 9ème et 10ème arrondissement,un peu par hasard. À l’époque je vivais dans un appartement type loft et je ne m’imaginais jamais vivre dans un appartement classique parisien. Mais quand j’ai vu cet appartement, j’ai eu un coup de cœur pour l’endroit.
Et je me suis dit que ce serait génial de mettre en opposition quelque chose très classique avec des objets hyper modernes, de bousculer l’endroit avec des objets Kubrickiens qui se seraient « plantés » dans cette architecture classique. Et chose très rare, il y a une double exposition dans cet appartement.

Tu donnes une certaine importance à l’art en général…

En fait je pense, que l’art est un moyen incroyable de comprendre le monde dans lequel on vit. Finalement on a chacun une manière de voir une œuvre, et de ressentir des émotions différentes. Effectivement les objets que j’achète pour moi, ce sont des choses très intimes qui me sont chers, et avec lesquels j’entretiens une relation quotidienne.

Tu peux nous parler un peu sur les objets que tu aimes bien ?

Vraiment ce qui compte plus que l’intérieur c’est la lumière. La lumière fait vivre l’architecture. Elle fait tout le charme et la laisse ainsi respirer.
C’est pourquoi partout où je m’installe, mon bureau, mon appartement et tous les lieux dans lesquels j’ai déjà vécu, j’ai toujours faiten sorte de pouvoir voir le ciel.

Tu vas nous emmener voir deux de tes créations…

Je vais vous montrer deux endroits que j’ai crée dans un laps de temps très court et qui montrent deux idées de Paris. Le Paris d’aujourd’hui – moderne et contemporain et le Paris plus sophistiqué, près des Champs-Elysées et de l’avenue Montaigne. Ils montrent deux aspects très différent de mon travail.

Comment peux–tu définir ton style, ta créativité ?

C’est très simple car c’est exactement l’absence de style que définit mon travail.

Pour trouver plus des informations sur ce créateur extraordinaire, visite son site web. La prochaine fois que tu passes par Paris, nous te recommandons d’aller voir la fondation Rosenblum et de réserver un rendez-vous personnel chez le Balmain Store près des Champs-Élysées.

Video: Ilan Rosenblatt
Interview: Tim Seifert
Text: Karolin Langfeldt

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