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Erik Halley
Accessory Designer, Studio, Paris
Interviews > Erik Halley

Entre le savoir-faire traditionnel du travail des plumes et sa dernière création, la tenue de Madonna pour son show du Superbowl, le terme créateur d’accessoires, ne suffit pas pour décrire le travail d’Erik Halley. Ce parisien crée des pièces « et toutes autres excentricités que les gens voudrait porter sur leur visage ou ailleurs.»
Avant la seconde guerre mondiale le travail des plumes, la plumasserie, était une activité importante et très populaire. Les chapeaux et accessoires de plumes servaient alors à cacher les imperfections des coiffures des dames. La Maison Févier fournissait les plumes pour la Haute Couture et pour les cabarets tels que le Lido ou le Moulin Rouge.

Son premier collier de plumes, Erik l’a dessiné alors qu’il était stagiaire dans un bureau de presse.
Ses créations ont rapidement fait le tour du monde de la mode : bientôt Naomi Campbell portait une de ses pièces en couverture du ELLE France. La carrière de ce charmant français était lancée. Il mène aujourd’hui une vie avec une facette publique, en tant que DJ.

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Erik, peux-tu te présenter, pour ceux que ne te connaissent pas?

Je m’appelle Erik Halley, je dessine et crée des accessoires, dans le sens large du terme. Je dessine des sacs et des bijoux mais pas uniquement. Je crée également des pièces pour des performances et toutes autres excentricités que les gens voudrait porter sur leur visage ou ailleurs (rires). C’est toujours inhabituel et insolite, mon travail tout comme les demandes que je reçois. Je fais cela depuis 15 ans.

Parle-nous de tes débuts, comment en es-tu arrivé à ce que tu fais aujourd’hui?

J’ai fait une école de mode puis j’ai travaillé pour un bureau de tendances, pendant quelques temps. Pendant cette période, j’ai dessiné des collections de vêtements de sport pour différentes marques en Europe et au Japon. À un moment, j’ai commencé à créer des petites pièces avec des plumes, ce qui a donné naissance à mon premier collier de plumes. En quelques mois, j’ai conçu plusieurs pièces que j’ai commencé à vendre dans des boutiques. Puisque j’étais stagiaire dans un bureau de presse, je leur ai montré ce que je faisais et ils m’ont dit «  Bien sûr, laisse nous tes pièces et nous allons voir ce qu’on peut faire. » Quatre mois plus tard, je faisais la couverture du ELLE France avec Naomi Campbell. C’était en 1994 et c’est ainsi que tout a vraiment commencé. Par la suite, j’ai travaillé sur une petite collection que j’ai vendue. Un jour, j’ai reçu un coup de fil. On me proposait d’aller à Londres, de rencontrer certaines personnes pour des jobs. En l’espace d’un jour, j’ai été embauché pour travailler avec Berardi, McQueen, Chalayan et Julien MacDonald. J’ai également rencontré un des directeurs de la création du Vogue anglais, qui a apprécié mon travail et l’a fait apparaitre dans des articles. Comme vous le constatez, tout est arrivé, très, très vite.

Ca m’en a tout l’air! Que faisais-tu avant? D’où viens-tu et quelles sont tes origines?

Je suis français, né en Normandie mais mon nom est d’origine anglo-saxonne. L’homme qui a découvert la comète de Halley est en fait mon grand- oncle. Un des scientifiques les plus talentueux de sa génération. Très jeune, nous avons déménagé dans le Sud de la France, j’ai grandi sur la côte d’Azur. Après plusieurs années, mes parents décidèrent de revenir en Normandie. Lorsque j’ai fini mes années de lycée, j’ai déménagé à Paris pour étudier la mode.

Comment as-tu remarqué que tu avais un talent particulier en grandissant à la campagne?

Je ne sais pas. Je présume que c’était toujours en moi, une partie de moi. J’ai toujours vu le monde à ma façon. D’habitude, j’ai un point de vue différent de la plupart des gens. J’essaie constamment de changer la manière dont je conçois les choses dans mon esprit pour les rendre plus amusantes, positives, joyeuses et incroyables voire dingues.

Quelles sont tes sources d’inspiration?

Quand je regarde en arrière, je réalise que la Pop, le Rock et le Roll m’ont fortement influencés. Je suis né dans les années 1970, grandi dans les années 1980 avec Bowie, Cindy Lauper et Madonna. C’étaient mes influences. Lorsque j’ai déménagé à Paris, j’ai découvert l’Art. J’aime particulièrement le mouvement surréaliste, qui est une de mes plus grandes inspirations. J’aime des artistes comme Dali ou Schiaparelli et la vision alternative, déformée du monde qu’ils proposent.

La musique joue apparemment un grand rôle dans ta vie. Tu es également DJ.

Oui ! Je joue depuis 6 ans au Club Sandwich (ndlr : soirée mensuelle à Paris). Nous avons commencé ces soirées parce que nous nous ennuyions à Paris. Au début, un très bon ami et moi, mixions dans un petit club avec, environ 150 personnes. Ces soirées ont rapidement gagné en popularité, nous avons alors pu jouer dans des lieux et clubs plus grands comme des cinémas ou l’espace Pierre Cardin, où le public avoisinait les 1500 ou 2000 personnes. J’ai arrêté de mixer pour ces soirées depuis peu car j’ai beaucoup de travail, en particulier pour Paco Rabanne, avec Manish Arora, récemment nommé directeur artistique. Il m’a appelé pour réaliser toutes les vêtements en maille que Paco Rabanne faisait. Je réalise donc toutes les pièces en maille, chaine et pièce de métal. Cela demande beaucoup de travail, ce n’est pas comme couper du tissu et le coudre, il s’agit plutôt d’architecture et de questions de volume. Les chaines doivent rester souples, et il faut allier de nombreuses tailles d’anneaux pour épouser les formes du mannequin.

Comment as-tu trouvé l’atelier où tu travailles maintenant?

Je vivais dans un grand appartement de 200 m2 avec deux amis. J’avais mon atelier d’un côté de l’appartement et nous partagions le reste de l’espace. Lorsque chacun d’entre nous a commencé à changer de directions dans sa vie professionnelle, nous savions que nous ne pouvions continuer à vivre ensemble ici. Un ami m’a parlé de son comptable qui s’occupait de deux appartements côté à côte. J’ai pris les deux. Ainsi, j’étais sûr de séparer vie professionnelle et personnelle. Il s’agit en fait d’une belle coïncidence, car cette rue était, avant la seconde guerre mondiale, remplie de magasins et d’ateliers d’artisans plumassiers. Avant la guerre, environ 120 000 personnes travaillaient pour l’entreprise plumassière. C’était une activité importante, sachant que Paris confectionnait les chapeaux pour l’étranger.

Et aujourd’hui y-a-il encore des plumassiers?

Il n’en reste que quelque uns, car travailler les plumes demande beaucoup de temps. Avant la seconde guerre mondiale, alors qu’il n’y avait ni sécurité sociale ni de système de salaire, les gens étaient payés chaque semaine ou chaque mois. Il était alors possible d’avoir de nombreux employés pour réaliser de belles pièces dans le temps imparti, ce qui rendait les choses bien plus faciles. Après la guerre, les américains ont importé les salons de coiffures, concept qui n’existait pas vraiment auparavant. Les femmes se coupaient les cheveux et se coiffaient elles-mêmes, les plumes et les chapeaux servaient à cacher les imperfections. À partir de ce moment, l’industrie de la plume commença à décliner aussi vite que les salons de coiffure se propageaient.

Où et comment as-tu appris les techniques et le travail des plumes, puisqu’il ne reste que peu de professionnels?

Il y avait une école pour apprendre le savoir faire et le travail des plumes, je ne sais pas si elle existe encore. J’ai principalement acquis mes connaissances seul. Je suis allé dans différentes maisons encore ouvertes à l’époque, ils me montrèrent des astuces puis j’ai toujours travaillé en gardant à l’esprit leurs conseils.
Il se trouve que j’ai appris relativement vite parce que j’étais plongé dedans. Les artisans étaient quelque peu surpris de rencontrer quelqu’un avec un intérêt pour les plumes et leur travail, alors ils étaient sympas avec moi.
La Maison Février qui fournissait les plumes pour la Haute Couture et pour les cabarets tels que le Lido ou le Moulin Rouge, a mis la clef sous la porte il y a plusieurs années. Il n’y avait malheureusement pas de repreneur pour continuer l’activité, alors que les employées partaient à la retraite. La Maison Lemarié, qui appartient aujourd’hui à Chanel et Longeron travaillent encore les plumes. C’est à peu près tout. Nous sommes trois.

Tu as été le premier à Paris à faire un défilé uniquement composé d’accessoires.

Oui ! Le premier et le seul ! J’avais envie de faire ce défilé pour montrer mon travail et repousser les limites des accessoires et de ce qui ce faisait dans le domaine. À l’époque, les accessoires n’étaient pas si présents. Aujourd’hui, ils sont partout, presque toutes les marques ont leur collection de sacs, bijoux et accessoires. Ce défilé était également un de mes fantasmes, avoir mon propre défilé de mode alors que j’étais étudiant. Je l’ai dès lors utilisé comme un territoire d’expérimentation pour essayer, tester différentes choses mais aussi comme outil de promotion. Mais produire un défile coûte beaucoup d’argent, et je ne montrais pas une collection destinée à être vendue… il s’agissait plus d’une œuvre d’art que d’un vrai défilé de mode.

Voudrais-tu monter plus de défilés de ce genre dans le futur?

J’aimerais faire un autre défilé mais avec une orientation artistique. Bien sûr, je travaille aussi sur une collection de sacs et une collection commerciale de bijoux. Par contre, si tu veux évoluer tu dois créer et penser différemment. Tous les masques que je fais sont bien plus des œuvres d’art qu’autre chose. Je ne crée jamais deux fois la même pièce, chacune est unique. Si un client me demande « je voudrais quelque chose qui ressemble à cette pièce », ce ne sera jamais la même, je ne veux pas faire deux fois la même chose.
En ce moment, je travaille sur une exposition, car j’ai eu des demandes. Je n’arrive pas vraiment à la décrire, ce n’est pas vraiment de la mode, ou de l’Art à proprement dit. Le résultat sera un hybride, entre les deux.

Quelle est ta pièce préférée?

Quand tu travailles sur une pièce, tu l’adores pendant un temps, puis tu ne peux plus la voir. Habituellement, tu recommences à l’apprécier quelque temps après (rires).
Beaucoup de mes pièces sont inspirées d’animaux tels que les lapins, rhinocéros ou les araignées. Le homard, symbole du surréalisme, est mon animal préféré. Il est représenté dans mon logo. C’est également devenu depuis ma marque de fabrique.
J’utilise de vrais homards que je couvre de strass. Il y a une autre version entièrement réalisée en cristal. Le mec qui l’a réalisé a également conçu le flacon de parfum Angel pour Thierry Mugler. Je l’avais fait pour mon premier défilé et depuis il me suit partout. J’aimerais en faire un nouveau, mais il faut beaucoup de temps pour le réaliser.

Où trouves-tu tous les matériaux que tu utilises?

Principalement à des marchés d’antiquaires et tous mes fournisseurs parisiens existent depuis des décennies voire presque depuis un siècle pour certains. En 15 ans, j’ai accumulé pas mal de choses. Un de mes fournisseurs a 35 000 références, autant dire que j’ai pas mal de choix. Je collectionne les plumes et parfois des gens m’appellent lorsqu’ils vendent leur stock.
Partout où je vais, j’essaie de trouver des choses. Je voyage beaucoup, quand je vais à New York ou à Beyrouth, je cherche de nouveaux fournisseurs. Je ramène également beaucoup d’objets de mes voyages au Brésil et en Afrique du sud.

Parle-nous de Paris. Qu’est ce que tu y aimes et pourquoi restes-tu ici?

Tout d’abord j’y ai tous mes fournisseurs, et construire une relation de confiance prend du temps.
Je suis profondément français pour ce qui concerne la nourriture et la qualité de vie. J’aime vivre à Paris. C’est juste incroyable. Je découvre toujours encore de nouveaux endroits bien que j’habite ici depuis 20 ans !

Comme tu sembles être un amateur de bonne cuisine, est-ce que tu pourrais partager quelques adresses à Paris?

Ce qui est important pour moi, ce n’est pas uniquement la qualité de la nourriture mais aussi l’entourage, les gens. J’aime Les Vitelloni pour la cuisine italienne, le Café de Paris sur la rive gauche pour leur délicieuse cuisine française et Yamamoto pour les mets Japonais. Le chef propose toujours des créations surprenantes qui ne sont pas au menu. Parmi les nouvelles adresses, j’apprécie Nanashi pour les bentos et Bob’s Juice Bar pour ses smoothies parfait et des muffins à tomber. J’ai de nombreuses autres adresses, mais je préfère les garder pour moi (rires).

Merci, Erik!

Interview: Mascha Kaessner
Text: Sarah Weinknecht
Traduction: Léa Munsch

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